Brasserie Gangloff
Relance d’une marque historique de brasserie artisanale

La Gangloff est une bière ancrée dans l’imaginaire bisontin depuis la fin du XVIIIe siècle : à son apogée, la brasserie a employé jusqu’à 500 personnes. La liquidation de cette entreprise, en 1966, n’a pourtant pas sonné le glas de la marque, restée vivace grâce aux nombreux objets collectors (affiches, chopes, sous bocks) dont on retrouve la trace dans de nombreux restaurants à travers la France… et jusqu’aux Etats-Unis, où l’on voit une affiche apparaître dans la série « How I met your mother » !

Nouvelle vie professionnelle

Fils de viticulteur et œnologue de formation, Laurent Fumey aurait pu reprendre un domaine ou vendre du vin. Il a mené une carrière de consultant d’enseignant-chercheur associé en psychologie du travail à l’université de Lyon 2. « Il y a quatre ans, je me suis intéressé à la bière, raconte-t-il. Etant attaché à la ville de Besançon, j’ai eu envie de relancer la brasserie Gangloff et son image, très présente dans la ville et son histoire. »

Il acquiert donc un outil de production auprès d’un brasseur luxembourgeois qui travaille en bio depuis 20 ans : « Il m’a aidé à mettre au point des recettes originales, avec des ingrédients 100 % naturels et bios (les céréales non maltées proviennent d’une ferme du Doubs) et de l’eau de source de Besançon, une des meilleures eaux municipales de France. »

Médaille d’argent

Les premières bières sont sorties des cuves au printemps 2016. La brasserie Gangloff produit maintenant trois types de bières légères (blanche, blonde et rousse) ainsi qu’une spéciale. « Nous sommes sur un produit à hautes qualités gustatives », explique Laurent Fumey. La Blanche et la Rousse bisontine ont décroché une médaille d’argent au Concours international de Lyon 2017. « La marque commence à revivre. Au début, les Comtois venaient par curiosité. Maintenant, ils reviennent pour la qualité de nos bières. »

Circuits courts

Un peu plus d’un an après sa relance, la brasserie Gangloff a trouvé son marché et son équilibre. Elle entend rester artisanale (moins de 3 000 hectolitres produits par an) mais compte bien se développer : « Au Canada, les bières artisanales représentent 20 % du marché, contre à peine 2,5 % en France. »

L’entrepreneur a recruté un commercial à mi-temps et compte créer entre 3 et 6 emplois en intégrant les rayons des cavistes, des épiceries fines et des magasins bios de la région, en continuant à privilégier les circuits courts de distribution. C’est précisément cet engagement territorial et environnemental qui a séduit le Comité Initiative remarquable : il lui a attribué un prêt d’honneur de 16 000 €.