Scaramouche
Le 5ème meilleur glacier de France

Lorsque Gwendal Auffret change de vie, il laisse derrière lui son doctorat en informatique et les salles de cinéma du monde entier qu'il a contribué à numériser. Seul lien avec le passé : « Scaramouche ». C'est un nom qui évoque la Comedia Dell'Arte, un film virevoltant de l'âge d'or d'Hollywood et aujourd'hui la marque des crèmes glacées qu'il fabrique et commercialise à Céreste, devenue en deux ans la capitale de la glace dans le Luberon.

« Lorsque je me suis installé dans le Luberon, je voulais trouver une activité locale, je n'avais pas envie de faire cent km pour aller à Marseille tous les jours ». Gwendal Auffret a changé de région mais sans projet précis. Alors il observe, constate que dans ce Luberon si touristique, il n'y a pas de « bon glacier artisanal » alors qu'il y a tant d'odeurs locales et de trésors dans les maquis : thym, romarin, lavande, fruits... « Je suis gourmand », plaide-t-il. Alors il s'instruit sur le monde de la crème glacée et des sorbets, cueille, mélange, apprend la composition de parfums, devient glacier (il a passé son CAP), goûte, partage et fait goûter. Recommence. Reste intransigeant sur la qualité des ingrédients. Progresse. Le projet est né. Scaramouche est sa marque, les premières glaces sont commercialisées dans la boutique, conçues dans son atelier de production.

Dimension locale et sociale

La première année, en 2013, il est heureux que le bouche à oreille soit sa meilleure publicité et que les curieux fassent « dix, vingt ou trente kilomètres » pour déguster une spécialité Scaramouche. La deuxième année, ils viennent de plus loin encore. Et en août 2014, il apprend que le voyagiste Tripadvisor l'a classé au cinquième rang des meilleurs glaciers de France. Céreste devient le lieu où l'on mange des glaces dans le sud.

Dimension sociale et sociétale

Rapporteur du projet pour le comité Initiative remarquable, Corinne Fourcade a été intéressée par « la dimension territoriale avec un ancrage fort » du dossier. Autre point marquant : « une reconversion qui se traduit par un vrai projet de vie ». Dernier critère qui a permis l'obtention du prêt d'honneur : « la dimension sociale et sociétale, une entreprise à taille humaine mais avec une vraie stratégie de développement ».

Privilégier le circuit court

En imposant le circuit court, Gwendal Auffret fait le choix environnemental de la proximité et de la qualité. Les glaces sont produites exclusivement à partir de lait cru, fruits frais et oeufs bios, sans émulsifiant chimique. Par ailleurs, l'entreprise travaille sur le recyclage des emballages et des déchets organiques de production.

A visée nationale et internationale

Son activité ancrée sur ce territoire permet de le faire rayonner par le goût, au-delà des frontières régionales : « miel et thym » («à marier avec le sorbet fraise », recommande-t-il), « géranium et brisures de pistaches », sont quelques-unes de ses compositions. Pour en faire profiter tous les gourmets doublés de gourmands, Gwendal Auffret vient d'ouvrir une deuxième boutique pour vendre les produits Scaramouche au 22 rue La VieuVille en plein cœur du quartier des Abbesses, dans un Montmartre intemporel où touristes et Parisiens se croisent.